My Weblog


Parcours migratoires
septembre 8, 2007, 1:58
Classé dans : Parcours migratoires

Parcours migratoires
Un espace documentaire est consacré au collectif romain Stalker/ON, construit à partir d’un interview sur leurs pratiques, qui jouent un rôle moteur depuis une dizaine d’année pour l’exploration des territoires contemporains, leur représentation, et leur activation. En effet, à partir de l’observation des paysages urbains qu’ils traversent sans relâche, il leur est apparu nécessaire de définir un registre pour l’action, afin de répondre à ces observations. Et notamment sur la question des migrations, devenue centrale pour ces « architectes-marcheurs » qui ont remis en perspective le thème du nomadisme, pas comme attitude chic post-moderne, mais comme présence politique dans les villes d’aujourd’hui.
Leur travail sur les migrations les a notamment conduits à une intervention spectaculaire dans le quartier informel des abattoirs de Rome, où ils ont permis l’installation d’un centre culturel Kurde pour les nombreux clandestins qui se donnaient rendez-vous difficilement sur le parvis d’une poste à quelques centaines de mètres de là. Une maison charmante dans le centre de Rome, à deux pas d’un campement gitan. L’entrée est couverte d’une treille de vigne, et cette hospitalité champêtre symbolise parfaitement le besoin de créer des situations qui permettent de poser les problèmes de façon humaine et de rendre la rencontre possible. Une maison pour poser publiquement la question du statut des clandestins, y compris ceux qui n’ont aucune intention de rester en Italie.
Stalker expose ici une vidéo issue de leurs entretiens notamment dans ce centre social, retraçant les parcours d’immigrants clandestins essayant de fuir le Kurdistan pour rejoindre l’Angleterre en passant par Calais ou… Dieppe. Une œuvre documentaire d’une certaine manière, mais dont la proposition graphique (une carte du Moyen-orient à l’Europe, avec les parcours qui s’affichent par petits points, tandis qu’on entend des voix sous-titrées qui témoignent) en fait un objet matrice pour reposer la question des échelles des mouvements de populations, et l’impossibilité de les ignorer.

La question de la libre circulation est donc aussi celle du partage des symboles.

Commentaires fermés